Actualité du lycée

Rencontre avec l'écrivain Catherine FRADIER.

Par Lionel Genevois, publié le lundi 10 juillet 2017 10:15 - Mis à jour le lundi 10 juillet 2017 10:15
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Mardi 23 mai, les élèves de Terminale Bac Pro TCB (Technicien Constructeur Bois) ont rencontré Catherine Fradier, auteur de roman noir.  Auparavant, ils avaient lu et étudié son roman Une petite chose sans importance, récit porté par un enfant autiste Asperger, fils d'un médecin humanitaire et embarqué dans une aventure avec une enfant-soldat. Ils avaient également assisté à une pièce de théâtre au Quai des Arts, Le Bruit des os qui craquent de Suzanne Lebeau, qui présente les témoignages alternés d'une enfant-soldat et de l'infirmière qui l'a prise en charge. Ces deux œuvres participent au traitement de différents thèmes inscrits dans les programmes scolaires : identité et diversité, la parole en spectacle, le monde au tournant des années 90 (deux génocides), la typologie des guerres. Cette rencontre a été l’occasion pour les élèves de l’interroger sur Une petite chose sans importance : « Pourquoi le Congo ?

  • Pour dénoncer deux choses : la captation des ressources minières par des multinationales, le phénomène des enfants soldats. »

« Pourquoi le personnage de Sacha, autiste Asperger ?  C’est le regard décalé et sans a priori de Sacha qui était intéressant pour le roman. Il fait encore plus ressortir l’absurdité de certaines situations. Le personnage, c’est le plus important pour un roman car c’est lui qui le porte. C’est le personnage qui fait vivre l’histoire et le lecteur vit avec lui. »

« Pourquoi avoir fait mourir Destinée à la fin du roman ?  Elle serait restée en vie, ce ne serait pas la réalité du terrain. Là-bas, les gens crèvent. a aurait été faire injure aux Congolais que de la laisser en vie. a aurait été trop d’espérance. »

« Comment on s’en remet après avoir traité des sujets aussi difficiles que ceux des enfants soldats, du viol (Le Cahier de Masika), de la pédocriminalité (La colère des enfants déchus)…>> ?  En passant à un autre sujet, à un autre dysfonctionnement du monde. Je me couche en colère et je me réveille en colère. J’ai une matière phénoménale pour nourrir ses romans : toutes les injustices du monde. »

Catherine Fradier est un bourreau de travail : elle s’enferme dans son bureau de 7h à 22h. Sa vraie passion, dit-elle, ce n’est pas l’écriture, c’est la lecture. Elle passe des heures à lire, à se documenter sur ce qui se passe dans le monde. Elle « pousse ses coups de gueule en écrivant ». Certains deviennent journalistes, d’autres entrent dans les ONG, elle, elle écrit des romans noirs. « L’auteur de roman noir se glisse dans les interstices de la réalité. Il extrapole ou anticipe à partir de la réalité pour écrire de la fiction. »  Ces échanges ont permis de faire prendre conscience aux élèves du travail que demande l’écriture, de l’importance capitale du choix de ses sources d’information, indépendantes de la politique et des lobbies, et de son engagement dans le monde via la littérature.

Une action financée par la Région Auvergne Rhône Alpes.

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